Concevoir une illustration pour le web

yrial in sight
illustration, marque & logotype – vue pour mobile / téléphone / smartphone & tablette

On se sert beaucoup de photographies pour alimenter les contenus en ligne : une belle / grande image happe le regard, incite à l’engagement, positionne rapidement le produit ou service – je ne reviens pas sur le bagage marketing – communication de l’intérêt des visuels. Qu’il s’agisse de sites d’informations, de sites web vitrine, de boutiques en ligne, de blog ou de réseaux sociaux, une image vaut toujours mille mots.

illustration d’accueil, titre et promesse de la marque – vue pour desktop / ordinateur

Or les photographies n’ont pas la quasi-exclusivité dans ce domaine : les illustrations y ont une petite place ! Ok sur le principe mais concrètement ?

Du temps où l’on construisait des pages non-responsive, il était simple de passer commande et d’y répondre : telle taille, telle résolution, tel sujet à traiter, tel poids de fichier. Éventuellement des items sur des calques transparents (que IE gérait très mal et qu’il fallait hacker en CSS lors de la mise en page). Le plus compliqué qui pouvait se produire, entre guillemets, c’était de produire un pattern : un motif qui puisse se répéter soit sur un axe x, soit un sur axe y, ou les deux. Pour résumer, l’illustrateur livrait une image comme une commande de tableau : une image à dimensions et à proportions fixes, affichée à 100%. Il subsistait des surprises entre les tailles et la colorimétrie des écrans clients mais ça s’arrêtait là, en gros.

imbrication d’illustration en header et background – vue pour desktop

Puis les tailles d’écrans des ordinateurs ont commencé à s’harmoniser, tandis que les supports et les types de réseaux s’étendaient au profit des téléphones portables – smartphones et tablettes de résolution très variable. Du wap monochrome on passe à Internet, le vrai ! Et finalement, les webdesigners / graphistes web / intégrateurs s’engagent dans un design responsive : la conception web qui s’adapte au support, quel qu’il soit.

En conséquence, côté illustrateur, concevoir une image percutante de nos jours demande un peu plus de souplesse et d’imagination. Tout d’abord, il faut « relever » les principales situations où l’image apparaîtra :

  • desktop – au moins un format d’écran
  • tablette – en version portrait et paysage
  • smartphone – idem, les deux orientations

Puis se demander si le message sera conservé, si l’image restera lisible :

  • L’image sera-t-elle tronquée et comment ?
  • Que reste-t-il de visible une fois l’image redimensionnée au support ?
comparaison entre vue pour téléphone et ordinateur : le décor en background disparaît

C’est d’autant plus vrai si votre dessin accueille du texte, qu’il soit déjà aplati dans l’image ou rajouté dynamiquement par-dessus. A ce stade, vous pouvez normalement établir un ou plusieurs canevas. Pour ma part, je démarre mon étude en 72dpi à partir de screenshots issus de la maquette conceptuelle ou de la version bêta ou + (suivant l’avancement du projet). Il est intéressant à ce stade de gribouiller plusieurs compositions, de manière à décider du type de formats / nombres de variantes :

  • Quel format livrer pour couvrir ses différentes possibilités ?
  • Faut-il une image adaptée à chaque situation ?
quadrillage pour une illustration* en vue ordinateur
même quadrillage, même croquis d’illustration* pour vue téléphone et tablette

Là vous devez normalement avoir un bon échange avec l’intégrateur du projet : s’il est prévu d’importer une image par media (en css) ou s’il est au contraire demandé un visuel global. Je vous fais grâce de toutes les modalités du CSS3 qui sont riches ! Chacun son métier :-p

Ensuite vous pouvez vous lancer dans votre créa, en belle définition pour être à l’aise, à partir de vos crayonnés en basse déf 🙂 Sans oublier les validations intermédiaires avec le client !

une illustration de décor pour un header qui accueille un texte dynamique par dessus

Et vous préparez mentalement à ce qu’il y ait des surprises XD


Ceci reste vrai quel que soit le medium que vous utilisez : traditionnel ou numérique, 2D ou 3D. Évidemment, tout cela demande à évoluer lorsqu’on pourra visiter un espace web en 3D – véritablement en 3D comme avec Oculus Rift ou HTC Vive pour n’en citer que deux ! Hâte de voir l’évolution de la toile dans les prochaines décennies !

*Pour l’anecdote, entre le moment où j’ai démarré cette illustration et aujourd’hui, le thème WordPress de mon portfolio a changé ses préconisations en matière de taille d’image… Résultat, ça ne correspond plus à ce que j’avais anticipé. Donc pour le moment, je garde le header issu de Tempus Fugit !


Et vous, vous dessinez pour quel media ?

Ou laissez-moi un commentaire

Compte-rendu vernissage Mangasia

Parce que je comptais bien parler de Mangasia en parallèle de l’expo à Luce Courville, mais que j’ai d’abord confié l’article pour une parution No-Xicienne.

Voici mon compte-rendu sur le vernissage de l’exposition Mangasia !

Au Lieu Unique à Nantes, le vendredi 29 juin 2018


… Un formidable travail de collection et de présentation !

Taiwan, Corée du Sud, Indonésie, Japon, Chine, Hong Kong, Philippines, Inde, Thaïlande, Singapour … Plus de 20 pays (ou territoires) sont explorés : les bandes-dessinées semblent affluer de toute part à Mangasia ! C’est impressionnant de voir la richesse et la diversité qu’il nous est proposé de découvrir, le plus souvent remis en contexte et séquencé par thème, ce qui offre plus qu’un simple catalogue – ce que je craignais au départ.

La surface d’exposition paraît tout de suite confortable : le Lieu Unique offre une grande salle, scénarisée en six sections pour l’occasion. Comme lors des précédents évènements, le visiteur est guidé dans une ambiance tamisée en clair-obscur par des textes en Français comme en Anglais – qui lui décrivent un type narratif ou définissent un genre d’œuvre. En parallèle, une frise historique nous raconte les principaux évènements sociaux (guerre et paix, élections et prises de pouvoir…) qui jalonnent les parcours de vie et influencent de fait les créateurs, dans leur liberté comme dans leur censure, dans leurs récits et leurs approches.

Qu’il s’agisse de manga Japonais, de komiks Philippins, de manhua Coréens ou de one-baht Thaïlandais, je suis allée de découverte en découverte. J’ai vraiment apprécié y trouver des planches originales et des ouvrages en couleurs comme en noir et blanc, de toutes les époques ; j’ai adoré l’espace sur les Yokaï, le bestiaire surnaturel et les fables en général avec le dieu singe, ainsi que la relative parité entre héros et héroïnes en général. D’autant qu’il y a un petit espace lecture pour feuilleter directement !  J’ai été impressionnée par la gigantesque estampe sur bois en trois panneaux. Quant aux curieux de plus de 16 ans, ils peuvent se documenter dans un espace réservé aux « dessins de printemps » (shunga mais aussi yaoi, yuri) et aux muzan-e « dessins d’atrocités ». Plus grand public, sont présent des références au cosplay et à l’animation…

… Bien qu’en comparaison du foisonnement d’œuvres papier qui nous sont présentées, on trouve le numérique plus rare. Alors que certains textes citent des projets d’adaptations de bd à l’écran en Inde et aux Philippines par exemple, c’est surtout le Japon qui m’a semblé présent en termes de diffusion sur place : quatre zones de projections avec notamment des extraits d’Astro Boy, de Princess Saphir et une performance de la vocaloid Hatsune Miku, ainsi qu’une interview du dessinateur Naoki Urasawa (Pluto, Billi Bat, Monster…). Pour diverses raisons, il a sans doute été plus aisé de se procurer ses enregistrements.


Personnellement, j’apprécie que soit expliqué au grand public la diversité des œuvres et surtout, des sujets et des lecteurs ou spectateurs : il y a 30 ans et pendant longtemps, une censure importante avait été appliquée en France sur les programmes télévisés – du fait d’une méconnaissance des animés, dans son rapport audience – contenu. C’est un sujet que l’on aborde dans les conférences No-Xice justement. Et aujourd’hui, à l’exposition Mangasia, un autre pas est fait pour expliquer qu’il existe des bandes-dessinées et animés pour les petits, les adolescent.e.s, les jeunes adultes, les salary men / woman, etc. Et ça, ça fait plaisir !


L’exposition « Mangasia, Merveilles de la bande dessinée d’Asie » – du 30 juin au 15 septembre 2018. Je vous recommande sincèrement d’y aller ! Si vous voulez voir quelques photos, je laisse toujours la primeur à No-Xice ^-^

Compte-rendu par Saisei – le 3 juillet 2018

Ou laissez-moi un commentaire

Drawings trends & art challenges

On en entend parler, ils sont nombreux mine de rien !

Les « tendances dessineuses » ou « challenges artistiques » semblent fleurir sur Internet – en particulier, sur Twitter que je suis plus que tout autre réseau social. En anglais ou globish*, ces « drawings trends » ou encore « art challenge » motivent régulièrement des centaines voire des milliers de dessinateurs autour de techniques ou de thèmes communs, souvent avec une saisonnalité.

En voici quelques-uns, par ordre calendaire :

#learnuary
– Mois de janvier, on partage un tutoriel sur un sujet au choix.

#faebruary
– Mois de février, dessin d’inspiration fantastique et féérique : environnement / décor, personnage de conte – humains ou créatures – pour des créations mignonnes ou effrayantes, paisibles ou facétieuses.

#mermay
– Mois de mai, dessin de sirène, au choix / libre a priori.

#JuneFae
– Mois de juin : fantasy comme pour février, avec des fées (Fairies), lutins (Pixies), elfes de maison et autres gobelins (inspiration > Elves, Brownies, Hobs, Goblins, Hobgoblins…)

#junicorn
– Mois de juin : licornes, dessin libre a priori.

#JuneBug
– Mois de juin : insectes à l’honneur ! Papillons de jour, papillons de nuit, scarabées, coccinelles, abeilles… Dessin libre.

#Smaugust
– Mois d’août : dragons ! A priori dérivé de Smaug, hein vu le nom ^^ Dessin libre.

#Sketchember
– Mois de septembre : crayonnés, croquis, tout semble permis au crayon gris !
(crayon à papier, crayon de papier, crayon de bois, du rough ou un truc bien léché, comme vous voulez). Dessin libre.

#INKtober
– Mois d’octobre, dessin à l’encre traditionnelle exclusivement. Sujet quotidien fourni à titre d’inspiration sur la « prompt list » inktober et initié par Jake Parker.

#gnomevember
– Mois de novembre, dessin de gnomes et par extension, lutins, farfadets, leprechauns, nains de jardin (garden gnome), voire petits trolls suivant leur représentation. Sujet libre a priori.

 

Les challenges intemporels :

#Sketch_Dailies
– Toute l’année, du lundi au vendredi, un thème, technique libre ! Sujet quotidien fourni par Sketch_Dailies.

#FairyFriday ou #faeryfriday
– Tous les vendredis de l’année, principe dérivé de #faebruary et #junefae > le vendredi, c’est féérie ! Sujet libre, initié par Meredith Dillman alias Faierie Friday.

La façon de procéder reste la même :

  1. Dessiner (selon le thème, exemple une sirène…)
  2. Poster le dessin en ligne (sur Twitter ou autre réseaux sociaux)
  3. Étiqueter avec le mot-clé du thème (ici le hashtag #faery[…] selon l’exemple)

 

J’écris cet article car c’est quelque chose qui m’a manqué lorsque je m’y suis intéressée : une liste indicative de ce qui se fait, avec lien direct vers la source d’origine pour chaque challenge participatif. Bien évidemment, les tendances naissent, vivent et s’éteignent, certaines ne rencontrent pas leur public ou leurs auteurs.

Voilà pour ce petit tour d’horizon, qui je l’espère, en inspirera quelques-uns ! C’est toujours sympathique et chaleureux de se retrouver dans une tendance à certains moments ; voir ce que les autres ont imaginé et réalisé sur le sujet, découvrir d’autres artistes et se faire découvrir en retour : )

 

N’hésitez pas à me communiquer d’autres challenges que vous aimez : )

Et bon dessin à tous \^o^/

_____

*globish = global english

Ou laissez-moi un commentaire

Tempus Fugit : histoire de l’environnement

Vous souvenez-vous de cette ambiance sous-marine explorée il y a quelques temps ? Une première pour moi en tout cas \^o^/

Cette thématique, « Le temps s’enfuit » ou « Tempus Fugit » était devenu un projet bac-à-sable, où j’intégrais des essais de composition, de texture… J’en ai donc profiter pour remasteriser les décors des trois volets du triptyque passé, présent, futur. Pour voir les décors un par un, j’ai mis à jour les articles concernés en avril. Pour l’évolution de la conception et l’histoire générale de l’environnement, c’est ici que ça se passe ^__^

 

Sous les eaux… (dé)Gonflement des océans

L’espèce que j’ai choisie d’illustrer débute sa vie sous l’eau, à un moment où les océans sont au maximum de leur volume carboné, ie avec un niveau des eaux au plus haut. Le premier changement de paradigme qu’il m’a paru intéressant de montrer, est la diminution de l’espace de vie – dû au dégonflement des océans. Ici, on pense d’abord se trouver en eaux profondes (vue du passé) mais la zone s’éclaircit progressivement (vue du présent) et la surface se rapproche des cimes (vue du futur) pour finalement les engloutir :

Tempus Fugit | évolution du milieu : diminution du niveau des eaux - rapprochement de la surface
Tempus Fugit | évolution du milieu : diminution du niveau des eaux – rapprochement de la surface

En effet, l’eau se dilate à l’absorption du carbone ; arrivée à un certain point, les océans dégazent le dioxyde de carbone dans l’atmosphère et petit à petit, leur volume diminue – par exemple, le niveau des eaux baisse et laisse apparaître des terres en surface. Représenter ce phénomène n’est pas gratuit : j’avais dans l’idée un second triptyque où l’espèce est obligée de migrer en surface. Les bassins amphibies illustrés à gauche de la vision du futur en sont un indice ^.~

 

Ambiance lumineuse et atouts :

Le fond des océans est-il sombre ? Ici j’imagine que des coraux luminescents offrent des zones de lumière. Ensuite, ces coraux, comme d’autres coraux actuels, se forment par empilement : chaque nouveau corail se créé sur les vestiges de la génération précédente. Petit à petit, les blocs s’étoffent. L’espèce dominante a donc progressivement utilisé ses coraux à la fois pour s’éclairer et pour modeler des habitats :

Tempus Fugit | les coraux bioluminescents, à la fois source de lumière et matériau de construction
Tempus Fugit | les coraux bioluminescents, à la fois source de lumière et matériau de construction

Le changement d’atmosphère marine permet aussi à l’espèce dominante de coloniser peu à peu d’autres zones jusqu’alors peu attractives – on aperçoit des édifices au loin, brouillés par la perspective.

 

Appropriation du milieu :

C’est la partie où je me suis vraiment fait plaisir, je l’avoue ! La transformation d’un même lieu au cours du temps : cavernes troglodytiques, villes antiques, cités modernes. J’ai aussi imaginé que certaines constructions étaient difficiles à maintenir ou se trouvaient désaffectées – d’où la dégradation de l’édifice de droite, maladroitement conservé par des piliers de soutènement :

Tempus Fugit | construction des troglodytes jusqu'au édifices modernes
Tempus Fugit | construction des troglodytes jusqu’au édifices modernes

Je me suis aussi permise de juxtaposer des constructions très diverses en âge technologique, un côté patchwork que j’apprécie dans la vie réelle ^__^ Pour l’anecdote, j’ai longtemps hésité à supprimer la tour antique ; la conserver était finalement la bonne solution, pour rehausser le côté historique de l’occupation et de la transition vers d’autres lieux. Un simple vestige du temps – toujours le thème !

 

Maîtrise du territoire :

Un grand classique des cours du secondaire ! Et même après… Ici, penser à l’aménagement du territoire m’a aidée à retracer

  • les zones d’occupations : cachettes dans l’habitat (passé) et probable itinérance ; puis l’espèce s’affirme comme prédateur majoritaire et s’affiche de manière plus ostentatoire (présent) ; enfin, suite à l’épuisement des ressources, certains quartiers sont délaissés au profit de la « plaine » jusqu’alors peu visible dans l’obscurité, au delà de la faille (futur)
  • les évolutions architecturales : faille à l’état brut, émergence de colonnes et de cavités habitées, formation de parois de plus en plus fines et remodelage par dessus les roches en balcons :
Tempus Fugit | évolution du site de vie, vers la maîtrise (et épuisement) du territoire !
Tempus Fugit | évolution du site de vie, vers la maîtrise (et épuisement) du territoire !

La vision du passé montre une faune relativement foisonnante et uniformément répartie ; celle du présent montre déjà une faune traitée davantage comme un apparat dans les zones supérieures, à l’inverse des les quartiers inférieurs (ceux qui vivent en dessous) où elle menace d’obstruer les sorties d’aération ; la vision du futur montre carrément un dépeuplement de la faune (squelettes au premier plan) et une reconquête aléatoire de la « végétation » (flore ou faune réduite à sa plus simple expression).

 

Voilà, voilà !

C’était pour Tempus Fugit, un projet d’artbook né en 2013 chez No-Xice. La version papier n’a finalement pas été tirée : nombre d’entre nous au collectif ont calé sur le thème ! Toutefois le sujet me tenait à cœur – je n’avais encore jamais rien illustré sous l’eau. Pour mémoire, il s’agit de cette aventure-ci, que j’avais commencée à détailler en mars 2014. Quand on dit quel le temps s’enfuit…^__^

Ou laissez-moi un commentaire

Encrage numérique : une ligne chasse l’autre

Ce post est lié à un test de cintiq en novembre dernier. Encore merci Evhell pour cette découverte ! L’article a été inspiré des « différences de sensation » entre cintiq et tablette « ordinaire », et des échanges avec SuzieSuzy sur sa propre cintiq.

news-2015-12-10-yrialinsight-encrage-visuel00-encrage-traditionnel-line-digital

A gauche un line numérique sur une Giana à trois doigts ; à droite, un encrage traditionnel

A la base, je voulais simplement partager une découverte sur l’encrage numérique. Il m’a semblé plus clair d’expliquer comment j’y suis arrivée que de me contenter d’une démonstration de l’outil. C’est parti !

1. Trousse à outils logicielle

Quand j’ai commencé à « dessiner » en numérique… J’utilisais Paint et la courbe de Bézier !

Et oui… Sans tablette, à la souris, on fait ce qu’on peut. Paint a bien évolué. Et depuis que j’ai vu une Joconde réalisée sous Paint, je ne jure de rien.

Rapidement on m’a fait découvrir Paint BBS – une appli web beaucoup plus sympa que Paint – puis Photoshop. La séduction n’était pas au rdv et pendant longtemps, Photoshop ne m’a servi qu’au graphisme, pas au dessin – j’utilisais alors principalement Open Canvas, dont les pinceaux et brosses par défaut convenaient parfaitement – tant qu’on reste en RVB :

news-2015-12-10-yrialinsight-encrage-visuel02-souvenirs-open-canvas-line-numerique

Crayonné et line numérique | Open Canvas | carte de vœux 2011.

Je n’ai adopté Photoshop que tardivement, lorsque j’ai compris comment confectionner proprement ses brushes. Voilà pour l’outil logiciel ! Tout ça pour dire que le support n’a pas forcément d’importance, c’est plus une question de se sentir à l’aise, d’apprivoiser la bébête.

2. Trousse à outils matérielle

Lorsque j’ai pu m’offrir ma première tablette, une d’occasion dans le magasin qui m’avait formée à la retouche photo, la question s’est posée : sur une tablette A6, avec un écran de portable, comment arriver à un trait aussi souple, décidé et naturel qu’à la main ? Il n’y en a pas vraiment.

Et comment encrer en numérique alors ? Un trait chasse l’autre.

news-2015-12-10-yrialinsight-encrage-visuel03-encrage-line-numerique

Encrage du sourcil : une succession de petits traits.

Quid des grands traits, dans ce cas ? Même en changeant de format de tablette il y a quelques années, je n’ai pas retrouvé l’énergie du gribouillis qui dévore la feuille pour autant. En y allant « directement », je me retrouve à tracer un trait plusieurs fois – et l’effacer plusieurs fois… >.<

Sauf avec du vectoriel, bien que je ne sois pas fan du dessin avec Illustrator ou Inkscape. C’est là que le compromis made in CSP* arrive !

Exemple à la plume G, version traditionnelle et version numérique :

news-2015-12-10-yrialinsight-encrage-visuel05-encrage-plume-G-traditionnel-vs-dynamique-manga-studio

A gauche, un test à l’encre de sienne de 2011 | à droite, un premier essai pour la carte de vœux 2015.

3. Un tracé vraiment adapté au manga !

Manga Studio a mis au point un dessin « semi-vectoriel** » qui permet, justement, de « faire des grands traits » et de pouvoir les corriger simplement ensuite. On créé un calque vectoriel (calque avec symbole d’un cube) ; on encre avec l’outil qu’on veut pour le crayon / pen [P] ; puis on corrige avec l’outil « correct line » [Y].

news-2015-12-10-yrialinsight-encrage-visuel04-encrage-dynamique-manga-studio

Aperçu d’un encrage en cours réalisé avec Manga Studio.

Dézoom du précédent encrage numérique, plume G sur calque vectoriel :

news-2015-12-10-yrialinsight-encrage-visuel05-encrage-dynamique-manga-studio-full-view

Les deux petites bouilles chibi du post sur les personnages et l’exercice de style.

SuzieSuzy est une grande fan de cette méthode-ci ; elle le gère super bien !

C’est d’ailleurs elle qui m’a fait découvrir le logiciel et ses possibilités, fin 2014. Même si j’ai commencé par autre chose, à savoir par bidouiller des gabarits 3D ici et , j’apprivoise tranquillement l’encrage « vectoriel » de Manga Studio.

En conclusion : alors que je n’encre plus depuis quelques temps déjà…

news-2015-12-10-yrialinsight-encrage-visuel06-illustration-dessin-sans-encrage

A gauche, illustration du cheval de bois | à droite, illustration des combattantes.

…Ce test me redonnerait presque l’envie d’en refaire !

************************************************

*CSP = Clip Studio Paint. Similaire à Manga Studio.

Je crois d’ailleurs que l’éditeur My Smith Micro fusionne les deux produits bientôt.

**Je dis « semi-vectoriel » car, contrairement à Illustrator par exemple, on n’a pas à se soucier de bien tirer les tangentes. Les avantages du vecto sans les inconvénients. Pour le dessin en tout cas. Reste à savoir si l’agrandissement se fait sans pixellisation et pour le moment, je ne me vois pas construire un logo avec.

Ou laissez-moi un commentaire

Manga Destiny et l’artbook Beyond

Un post dédié à un artbook collectif, celui de Manga Destiny !

Je n’y participe pas mais je fais ici un peu de pub pour les collègues :

news-2015-11-20-pub-beyond-manga-destiny
Source de cette image : www.mangadestiny.com

Le projet s’appelle Beyond – Kyokou no Edges.

… Avec plein de dessins d’Elairin dedans ! 😉 Comme elle l’a dit elle-même :

news-2015-11-20-pub-elairin-avatar-no-xice

L’avatar d’Elairin sur le fanzine No-Xice. Bref, vous savez ce qu’il vous reste à faire… ^.~

Bon en vrai il y a 4 illustrations de chaque artiste dans Beyond + des invités.

Et à quelques semaines de Noël, je ne peux m’empêcher d’en faire la suggestion !

Retrouvez toutes les infos sur la page facebook du collectif.

Ou laissez-moi un commentaire

Question de feel-igrane !

Question de feeling, le filigrane fait parfois débat. Certaines personnes de mon entourage trouvent qu’une watermark enlaidit la création et la « bloque » pour la diffusion. D’autres au contraire ont tellement peur du vol de leurs œuvres qu’elles ne pourraient rien sortir sans filigrane. Et vous ?

Hier une discussion relativement animée a fleuri sur mon profil facebook, parce que j’ai partagé un album, sans indiquer de crédit. J’ai bien cité et linké l’auteur de l’album mais pas le nom des dessinateurs dont les œuvres y étaient présentées. Si chacun avait apposé une signature – peu importe la langue d’origine – mon geste aurait été anodin. Ou bien, j’aurais pu faire des recherches en amont, dessin par dessin, pour indiquer le nom de chaque illustrateur. J’ai commencé à le faire ; j’avoue, en tant que « diffuseur improvisé » et « utilisateur lambda », j’ai trouvé ça long et rébarbatif, même si éthique, responsable, etc.

C’est précisément cet épisode ce qui m’a décidée à écrire cet article ! ^-^

Qu’est-ce qu’un filigrane sur une œuvre digitale ?

Un filigrane – ou watermark – est utilisé depuis longtemps en print. Ici je ne parle que de l’utilisation faite sur le web ; cad un logo ou quelques mots, comprenant au choix : le nom de la marque, du site, voire l’url du site, et / ou le nom de son auteur ou sa signature, le nom du projet ou du diffuseur à défaut. Les tutoriels regorgent sur la toile, sur comment confectionner et insérer le vôtre.

Alors, pour ou contre le filigrane et pourquoi ?

Enlaidir un dessin ou une photo, je suis d’accord, le rajout d’une ligne peut casser une composition ; en revanche, en quoi cela gêne-t-il le partage ?

En tant que créateur, il ne bloque en rien l’utilisation ultérieure de votre œuvre :

– Vous avez de toute façon livré le travail sans filigrane au client

– Si un autre client potentiel voit votre travail, il dispose de votre nom pour vous retrouver et vous contacter.

En tant que diffuseur ou tout simplement amateur, le filigrane vous aide :

– A trouver le site / la galerie d’un auteur et ainsi découvrir d’autres créations / un univers

– A mentionner explicitement la source si vous partagez quelque chose à ce propos, ce qui fait un peu de pub à son auteur.

Et de toute façon, avec les outils dont on dispose, le filigrane s’enlève… Et la watermark me semble plus indiquée que de bloquer le clic droit sur les images (protection d’ailleurs contournable avec un simple aperçu écran).

Alternatives plus discrètes mais éphémères

Deux autres solutions si le filigrane ne vous branche pas :

Signer numériquement le document – pour ceux qui savent le faire et qui disposent de licence officielle ; toutefois, si votre image est ré-enregistrée par quelqu’un d’autre par copier-coller sur un nouveau document, je doute que la signature persiste. Et qui la consulte ?

Inclure le nom de votre site ou votre pseudonyme artistique dans le nom du fichier ; là aussi, si le fichier est renommé après enregistrement – ce que fait facebook à chaque upload par exemple – ça ne sert à rien.

Quoique la dernière remarque a un impact bénéfique sur le référencement d’un site web, mais je ne vais pas parler boulot ici ! ^.~

Il n’y a pas de solution parfaite. Plutôt que de craindre le partage, mieux vaut l’envisager sereinement. Et en tirer parti dans la mesure du possible.

Ou laissez-moi un commentaire

Insertion d’un filigrane

Cet article se trouve dans la lignée du précédent, sur le cloud et la sauvegarde des œuvres. Ici il est davantage question de signer son travail avant une diffusion sur la toile – que l’œuvre soit ou non destinée à la vente.

Internet regorge de tutoriel quant à la création et l’insertion d’un filigrane. Nombre de logiciels permettent en effet de signer une photographie ou une illustration avec cette fameuse « watermark » :

news-2014-11-20-insertion-filigrane-01-recherche-video-tuto-internet

Premiers résultats de recherche avec les mots-clés « filigrane tuto ».

Mon but n’est pas d’être exhaustive en la matière, ni de préconiser un logiciel plutôt qu’un autre. Par ailleurs, le principe est le même quelle que soit l’interface. Voici quelques liens qui pourront être utiles aux débutants voire technophobes :

Un tutoriel en image assez sympa chez alphanumérique.

Pour ceux qui préfèrent les vidéos : ce tuto avec Photoshop toujours.

L’auteur ne suit pas la même méthode que dans le 1er tuto et c’est intéressant de voir comment il retravaille sa typo. Il utilise beaucoup les raccourcis, j’espère que les novices ne seront pas – trop – perdus mais il explique bien.

La démarche reste la même avec un logiciel libre – du moment qu’il gère les calques*

Autre exemple avec Gimp cette fois ;

L’auteur procède différemment mais le résultat est comparable au premier tutoriel. Ne pas se laisser impressionner par les réglages ! On suit pas à pas.

Idem avec Paint.net à coupler avec la création de texte sur calque séparé (en anglais celui-là).

Dernière trouvaille : un exemple avec 5 logiciels différents ^^

Bien évidemment, il y a encore plus simple : signez vos créations ! Directement ^.~

Voilà, j’espère que ce sera utile à ceux qui posaient la question. Au moment de sauvegarder votre image avec votre filigrane, si c’est pour la mettre en ligne, il vaut mieux réduire sa taille et sa résolution – pour le web, la résolution est de 72 dpi ; sous photoshop par ex, les paramètres sont dans « Image > Taille de l’image » et vous passez le nombre de « pixels par pouce » à 72. Pour la taille (largeur / hauteur) c’est au cas par cas suivant la finalité.

*calques : les différentes strates transparentes que l’on rajoute sur son image / photographie d’origine. Exactement comme le papier calque du collège !

Et pour ceux qui, à l’inverse, serait intéressés pour enlever un filigrane d’une image payante, je vous renvoie vers cette excellente vidéo de Jim Wild XD

Ou laissez-moi un commentaire

Cloud et sauvegarde des œuvres

Discussion animée l’autre jour sur la sauvegarde d’œuvres au format numérique – plutôt que papier. Avec en ligne de mire : prouver l’antériorité de la création en cas de besoin.

La majorité des gens autour de moi utilisent apparemment le courrier papier : adressé à soi-même, cachet de La Poste faisant foi et dont l’enveloppe reste cachetée jusqu’à… Éventuel conflit.

Ce qui implique de systématiquement reproduire l’œuvre dans son intégralité ; photographier sa sculpture / son tableau / etc. ou scanner ses croquis / ses photographies (si argentiques d’origine) et suivre la procédure décrite plus haut. Avec le poids du colis et du stockage supplémentaire >.<

Quand on créé en et pour le numérique, on s’imagine mal imprimer pour conserver une création née d’un écran. Ou alors il faut généraliser les cadres photos rétro-éclairés ! Comme ceux des restaurants chinois… Je m’égare. ^^ Ici on souhaite sauvegarder les fichiers sources, au maximum de leur qualité.

La protection de ces « nouvelles » œuvres numériques, certains acteurs d’internet semblent s’en préoccuper : il existe des clouds qui promettent la sécurité des productions déposées et garantissent la date à laquelle vous copiez vos créations sur leurs serveurs. J’ignore si cela constitue une preuve juridique à l’heure actuelle, mais je partage l’info.

Bonne inspiration à tous !

Ou laissez-moi un commentaire

Artbook No-Xice Picture Art : photos !

J’en parlais en novembre dernier : l’artbook No-Xice #00 est sorti lors du dernier atelier de dessin manga à CrayoNantes !

Il s’agit d’un recueil de nos illustrations avec Elairin, Kômori, San Lee, SuzieSuzy, Zwickee et moi :

photo de la 1ère de couverture avec une illustration de San Lee
photo de la 4ème de couverture avec mon elfe au bois

L’occasion – après l’atelier de dessin manga organisé avec No-Xice – de nous dédicacer ce premier artbook les uns les autres : charité bien ordonnée… ^.~

photo dédicace : Dazzling Desert de SuzieSuzy à gauche et ma fée clochette à droite
photo dédicace : Dazzling Desert de SuzieSuzy à gauche et ma fée clochette à droite
photo dédicace : My Shuffle Day de SuzieSuzy à gauche et The samouraï from Mars de Zwickee à droite
photo dédicace : My Shuffle Day de SuzieSuzy à gauche et The samouraï from Mars de Zwickee à droite
photo dédicace : illustration de convention manga Art to Play d'Elairin à droite et mon illu "comme un dimanche" à gauche
photo dédicace : illustration de convention manga Art to Play d’Elairin à droite et mon illu « comme un dimanche » à gauche

L’artbook No-Xice© Picture Art est disponible à la vente sur notre stand No-Xice en convention, lors d’ateliers ou, sans attendre l’année prochaine, dans la boutique en ligne ^_^

Edit : compte-rendu et photographies de l’atelier à CrayoNantes 3 sur No-Xice

Ou laissez-moi un commentaire