Cinema, Adventure, Adèle Blanc-Sec

Cinema, Adventure, Adèle Blanc-Sec

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Cette adaptation de Luc Besson – tirée de la BD éponyme de Jacques Tardi – m’a à la fois ravie et désenchantée. Pour résumer : « Adèle Blanc-Sec », le film, nous entraîne allègrement dans une affaire rocambolesque et fantaisie – pour ne pas dire fantaisiste – haute en couleurs et en stéréotypes certes accrocheurs mais vides de charisme au final. ^^’(Il n’y a pas de spoils dans ce qui va suivre, la bande-annonce vous en dévoile autant sinon plus question contenu.)

Commençons par le positif : rythme entraînant, bon découpage – qui parfois rappelle la BD dans certaines scènes humoristiques – pour des « planches » cinématographiques de couleurs qui ont le mérite de bien situer chaque unité de temps : ocre pour l’épisode en Egypte, bleu foncé pour Paris de nuit, etc. Un emprunt à la bande dessinée appuyé de finesse et d’intelligence donc, pour une série d’aventures aux ambiances délicieusement proches de la BD contemporaine (si vous en êtes lecteurs, vous avez vous aussi remarqué que chaque univers ou moment de la journée se voit marqué d’une couleur dominante).

La réussite de cette adaptation cinématographique tient sans doute aussi à la fusion de trois épisodes distincts de la BD : l’excursion en Égypte (Momies en folie), l’éclosion de l’oeuf du ptérodactyle (Adèle et la Bête) et la possible guérison de la sœur d’Adèle (tout au long de la bd). Les trois temps forts du film correspondent en fait à l’agencement – voire, résumé – de ces trois intrigues distinctes et contribuent fortement au dynamisme de l’ensemble…Quitte à gommer l’aspect policier des enquêtes dans l’œuvre originale.

Un détail que j’ai tout simplement adoré : le grain de peau ! Tout y est, du grain de beauté aux taches de rousseurs, la peau semble s’offrir à la lumière avec beaucoup de naturel, adieu les multiples couches de fond de teint matifiant à l’extrême !!! Autre note bédéiste : les véritables « trognes » des personnages masculins … Tandis qu’Adèle nous est présentée sous les traits d’une jeune femme aussi belle que décidée, aux intentions d’une pureté inébranlable (seulement voilà, ce jeu manichéen s’éloigne considérablement de l’ambiguïté prononcée d’Adèle en BD).

…Or c’est là que le bât blesse. Le stéréotypage forcené et la succession d’évènements se conjuguent en une histoire quelque peu édulcorée où les protagonistes manquent cruellement de profondeur. Vous rajoutez des erreurs de raccords (tenue inversée d’Adèle dans la rue, position des rideaux dans la pièce) d’une scène à l’autre, des effets spéciaux décevants (eau et autre volatil du Jurassique) et la note s’obscurcit bizarrement. Oui, bizarrement, car Europa Corp a vraiment les moyens de nous pondre autre chose qu’un œuf au plat sur ce coup-là !!! Bon, je critique, c’est toujours facile en tant que spectateur, quand nos yeux prennent pour acquis les progrès techniques de Golum et autre Jar Jar Binks, mais je ne m’attendais pas à ça…

Après ce pavé monumental, où les points noirs sont certes peu nombreux mais récurrents ( c’est comme le nez, on ne voit que ça au milieu du visage…Enfin, il paraît! ^_^), pas besoin de biactol pour comprendre que c’est quand même un bon film. Ok, je suis bon public, mais celui-là fera partie de ma collection DVD !!!

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